| A
pied, à vélo, autour de
Saint-Pierre Ile de la Réunion |
| Aller-retour au Nez Coupé du Tremblet Dix kilomètres le long d'un effondrement de près de cinq mille ans |
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Retour
sur le passé : Il y a un peu moins de cinq mille ans, le
gigantesque effondrement du toit de la chambre magmatique de l'époque
provoqua la formation de l'Enclos Fouqué, vaste cratère égueulé vers la
mer, à l'est. Le même scénario se répète actuellement, cette
fois-ci au milieu de l'Enclos Fouqué lui-même, où le plancher du cratère
Dolomieu commence à s'effondrer aujourd'hui, sous la masse des laves
émises lors des éruptions de ces dernières années. La vidange subite
depuis l'éruption du 2 avril
2007, a provoqué la chute
prévue du plafond de la chambre magmatique supérieure, entraînant
la formation d'un cratère-puits à l'intérieur du cratère Dolomieu,
gouffre atteignant près de trois cents mètres en trois jours, soit
pratiquement toute la hauteur du Piton de la Fournaise lui-même, depuis le plancher
de l'Enclos.
Altitude Dolomieu, entre 2 500 et 2600 m, altitude moyenne de
l'Enclos, 2 200 m ...
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![]() Enclos Fouqué et
Piton de la Fournaise - Du Nez Coupé de Ste-Rose, à gauche, au
Nez Coupé du Tremblet
Photo du panorama visible du parking du Pas de Bellecombe - archives 2005 |
| Ce cycle inexorable d'environ soixante-dix ans, comblement progressif du cratère par la lave- éruption basse- effondrement- explosion- s'est déjà produit le 30 mars 1986, à moindre échelle, avec la formation d'un cratère-puits de 150 m de diamètre et 80 de profondeur, rapidement comblé, mais surtout vers 1930, avec un effondrement qui élargira le diamètre du cratère principal, nommé à l'époque Cratère Brûlant. Des explosions phréato-magmatiques, élargissant le cratère Brûlant avaient eu lieu également en mars 1860. Mais à cette époque, seuls quelques pionniers se rendaient à pied depuis la Plaine des Cafres jusqu'au sommet, et la mémoire des hommes est courte. Les amateurs de coïncidences seront servis, les semaines de pleine lune d'équinoxe, trente ans après l'éruption hors enclos au dessus de Piton-Sainte-Rose, continuent à être favorables aux grands bouleversements du paysage réunionnais ... |
![]() Vendredi
6 avril 2007 - Après
avoir laissé au lever du jour le parking Foc-Foc, à l'est du Demi-Piton,
la brume nuageuse environnante laisse entrevoir au sud-ouest la silhouette diffuse
du Piton Chisny ...
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![]() Après être passé devant le petit oratoire
édifié en mars 1976 à la mémoire de deux touristes retrouvés morts de
froid à proximité de cet endroit ...
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![]() ... et avoir deviné la présence du Piton
Rouge, à droite, avec l'arrivée au bord du rempart, le Piton de Bert est atteint. Il faut alors abandonner
le GR R2, qui quitte le bord du rempart pour descendre
vers le sud et Basse-Vallée ....
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![]() Le marquage habituel -traits blanc
et rouge- s'arrête donc ...
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![]() , . Cependant,
si l'œil ne peut rien voir au delà de quelques dizaines de mètres,
l'oreille elle, entend, et vers 6h30, un formidable grondement, assourdi
par le brouillard, semble venir de l'est. Est-ce un de ces effondrements
gigantesques qui se produisent à l'intérieur du cratère
Dolomieu depuis la nuit dernière ?
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![]() C'est désormais un marquage traits jaune
et rouge (sentier de randonnée Pays) qu'il faut suivre en restant en lisière de la caldeira
de l'Enclos Fouqué, dont les volets sont fermés ...
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![]() Au Piton de Bert, les panneaux, à terre en mai
2006, sont solidement debout, et le madrier qui les supporte est bien
calé par des pierres volcaniques, assemblées en forme
de murette. Les agents de l'ONF ont soigné la présentation. Une bruine a fait son apparition depuis un moment, et l'Enclos
est toujours invisible, nappé de blanc ...
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Fièvre du samedi soir au
Piton de Bert
lors de l'éruption du 20 juillet 2006. Le
Piton de Bert, 2 274 m : il est indiqué Piton de Bois Vert sur la
dernière carte IGN, alors que c'est Bory de Saint-Vincent, qui le nomme ainsi,
en hommage à l'artilleur Alexis Bert.
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![]() Peu
après, la vision du Pas de Bory, enveloppé de blanc, évoque la description
qu'en fait Bory de St-Vincent en 1801 lors d'une descente mémorable
dans une purée de pois. Dans
un environnement digne d'une lande écossaise, mais sans Chien des
Baskerville, il faut suivre désormais le marquage jaune et rouge, bien
visible, sans doute fraîchement (re)peint par les agents de l'ONF. C'est
maintenant la pluie qui vient avec l'approche du Piton de l'Eau, (à ne
pas confondre avec celui plus au nord, au départ du Riton Textor de
Ravisy), reconnu grâce à ses coulées de lapilli ...
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![]() La pluie devient de plus en plus drue, le sentier,
bien souvent raviné, devient un ruisseau, entre les touffes de branles
auxquelles il faut parfois s'agripper pour tenter de ne pas (trop) s'enfoncer dans la
boue. L'averse est trop forte au passage au pied du Piton Taye
Poule ou orthographié Taïpoul,
sur la carte IGN de 1956 -le bien nommé, ne marchez pas dessus- pour
sortir l'appareil photo. Les Puys
Ramond, sont à droite, à moins d'un kilomètre, mais dissimulés par
le brouillard. Un court passage en descente, avec de gros rondins en
guise de nez de marche, afin de limiter l'érosion des lapilli, ferait croire un
instant à un cheminement dans un jardin public ...
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![]() La pluie s'est calmée depuis peu. Une pause devant le petit oratoire à la mémoire de Mano SEVERIN
(1936-1986), mort de froid et d'épuisement. La végétation change progressivement :
les
passages dans les branles, les ambavilles, sont entrecoupés
par de vastes étendues
herbeuses, gorgées d'eau, où la trace du sentier disparaîtrait s'il
n'y avait ces alignements de bois de brande fichés dans le sol par
les agents de l'ONF, et peints de la marque jaune et rouge,
placée parfois à quelques dizaines de centimètres du sol, ce qui laisse
augurer de la hauteur atteinte par l'eau parfois. Vers 8h45, un nouveau fracas
sourd, pendant plusieurs secondes, sans doute de nouveaux éboulements dans le cratère Dolomieu ...
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![]() Mano SEVERIN
(1936-1986) a donné son nom à une rue de Ravine Blanche à Saint-Pierre ...
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![]() Les ananas marron poussent à profusion, au milieu des fougères,
des cannes marron entourant toujours les branles verts.
Bientôt, une échelle à cinq barreaux en bois de branles,
grossière, mais solide, permet de descendre plus aisément le long de la
courbure d'un rocher. L'eau ruisselle de plus en plus, le ruisseau se
gonfle. Foc-Foc et ses records mondiaux de pluviométrie n'est pas loin. Une multitude de petits ruisseaux descendent du bord du
rempart et se font progressivement torrents dans les pentes rocheuses de
laves cordées, lessivées, érodées par les précipitations continuelles,
qui vont alimenter les ravines Pont Rouge, anciennement
dénommée du Tremblet, des Citrons Galets, ou du Baril, plus
à l'ouest. Dans cet univers
plus ou moins marécageux, pourtant situé dans la zone de rift du
sud de l'Enclos, cet arc-de-cercle, zone de faiblesse, depuis le Piton
Hubert jusqu'au Nez Coupé du Tremblet, il ne faut pas compter ressentir les
éventuelles vibrations engendrées par les effondrements colossaux qui se
déroulent à quatre kilomètres de là ...
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![]() Une accalmie permet de sortir l'appareil-photo ...
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![]() Voici de nouvelles petites plaines herbeuses, garnies de sphaignes,
déjà remarquées entre le bivouac du Tremblet et celui de Takamaka,
véritables éponges, qui absorbent une quantité phénoménale d'eau,
providence du randonneur qui ne veut pas (trop) se mouiller les pieds. Les
bois de branles placés au sol, tels des pas de jardin,
disparaissent de plus en plus souvent dans l'eau boueuse. La mare
à Vieux Jean, notée mare à St-Jean sur les
anciennes cartes, se confond avec les dizaines de petites étendues d'eau
qui fleurissent. C'est une succession de petites montagnes russes,
avec un torrent qui dévale dans chaque cuvette, orientée vers le
sud-est. Les rares trouées vers l'Enclos sont toujours nappées de coton, et seule,
l'oreille perçoit le halètement du magma éjecté de la faille,
qui monte de mille mètres
plus bas, entrecoupé parfois par de rares éclairs et coups de tonnerre
au sud-ouest. Voici, à droite du sentier, une croix simple, à la mémoire de Franck Emile Bège,
décédé en 1966 à l'âge de 18 ans ...
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![]() Après avoir abandonné le Piton de Bert depuis presque deux heures, voici
le Nez Coupé du Tremblet (1 913 m) et le sismomètre
de l'Observatoire
volcanologique. L'espace d'un instant, un coin de ciel bleu va se
dégager, mais le Piton de la Fournaise et ses pentes restent
désespérément cachés. Du vide que l'on devine à quelques mètres,
s'élève un ronflement continu ponctué de claquements
d'explosions qui paraissent résonner à l'infini contre le rempart de l'Enclos,
uniquement troublés par le chant d'un tec-tec ...
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Voir
le Nez Coupé du
Tremblet, d'en bas, dans l'Enclos
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![]() Au retour, une brève accalmie permet la photo de ce magnifique bois
de Mapou, de la famille des monimiacées, -bois résistant au
feu, paraît-il -, accompagnant tamarins des Hauts, bois
de fleurs jaunes. A un peu plus de deux kilomètres au sud, les pitons de
Fourche vont apparaître brièvement, par derrière celui de Gueule
Ronde, à la faveur du bon coup de vent de sud-est qui vient de se
lever. Mais rien à voir avec celui de Gamède,
dont les effets dévastateurs sont perceptibles, troncs fendus, branches
qui pendent, feuillages morts ...
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![]() Les fruits orangés du bois de Mapou ne sont pas encore ouverts, libérant leurs carpelles.
Mais la pluie redouble de violence, et le Piton Taye Poule, le Piton
de l'eau restent effacés dans la brume. Le vent,
venu du sud-est, devient de plus en plus insistant, et balaie progressivement les ondées.
Curieusement, le niveau de l'eau a déjà baissé, laissant
émerger les troncs de brandes placés au sol, noyés à l'aller.
De même, les torrents sont déjà presque à sec. Le massif
de la Fournaise, véritable gruyère, filtre l'eau du
ciel à longueur d'année, avant qu'elle ne se retrouve d'ici quelques
années, plus de mille cinq cents mètres plus bas, dans les tuyaux et
les bouteilles. En attendant, cette eau prend place très rapidement dans
le lit des ravines
Pont Rouge et Citrons Galets ...
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![]() Et à 12h55, au travers du Piton
Cambar, entre le Piton Hubert et le Piton Rouge, le grand rideau blanc s'entrouvre soudain ...
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![]() ... découvrant d'abord
les pentes sud du Piton de la Fournaise, le Caubet, le Rivals,
le Château-Fort
et ses créneaux. Puis le Formica
Leo, le Piton de Partage, et enfin le Nez
Coupé de Sainte-Rose daignent se présenter un instant, mais le
rideau se refermera aussitôt, tandis que le sommet du Piton de la
Fournaise restait totalement invisible, alors qu'avait lieu un effondrement
interne de près de deux cents mètres dans le cratère Dolomieu,
arrachant même au nord-ouest une partie du bord du rempart de la
caldeira, mais cela, nul le savait encore clairement, même si les
appareils de l'Observatoire volcanologique enregistraient
des séismes en cycles de plus en plus rapprochés à l'aplomb du
cratère. Heureusement, le rempart de l'Enclos Fouqué, du haut de ses
4 700 ans, tient toujours bon ...
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![]() En s'éloignant du rempart, entre le Piton Rouge et le Piton
Chisny, le voile laiteux disparaît progressivement, le sol est même
sec. Les cratères Aubert de la Rüe, vont défiler, à gauche,
tandis que le balisage oscille régulièrement entre sentier et piste
4X4 ...
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![]() Arrêt à la caverne
du Chisny, (trop) bien signalée par un plumet de brandes verts
desséchés sur le dôme du tunnel de lave effondré ...
|
![]() Retour au parking, pour découvrir, retenue par les essuie-glaces,
une fine poussière de cendres volcaniques, qui s'est déposée en
quelques heures, le temps de faire cet aller-retour d'un peu plus de vingt
kilomètres ...
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![]() ... cendres témoins des effondrements successifs à l'intérieur du cratère Dolomieu, à quatre kilomètres d'ici ...
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![]() Passage au Pas de Bellecombe, où les véhicules se comptent alors
que sur les doigts d'une seule main. La pluie est revenue, certains
déjeunent à l'abri dans leur auto. Le Piton de la Fournaise est
toujours invisible ...
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Le
gîte du volcan offre, depuis le mois d'octobre dernier, une
restauration, midi et soir et sept jours sur sept, certes
moins rustique que par le passé, mais tout aussi sympathique. Yves
Picard vous accueille et vous propose un plat principal ou une formule complète
avec punch (à consommer avec modération), entrée, plats au choix, dessert. Il est préférable de
réserver si vous êtes nombreux, au 02 62 51 18 29 ou au 06 92 85 20 91.
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![]() Plaine
des Cafres, entrée de la route forestière - Changement de panneau
depuis le vendredi 30 mars au soir ... et sur Freedom, on vient
d'annoncer l'évacuation du gîte et la fermeture de la route
forestière ...
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Voir
le panneau le
vendredi 30 mars 2007 au matin et le lundi 2 avril 2007 Et la lave arriva au bitume
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Procurez-vous
à la Maison du Volcan et dans
les Offices du Tourisme le dépliant
édité par la préfecture de la Réunion, en partenariat avec l'Observatoire volcanologique,
la gendarmerie
et l'ONF
: Piton de la Fournaise, conseils et prévention,
qui présente les dangers et les consignes de randonnées, les
différentes phases d'alerte, des conseils, des chiffres-clés et les
numéros de téléphone à retenir.
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