Que fait-on avec le choca ?Kosa
zot i fé ansanm soka ?
Introduit à la Réunion vers 1715, pour la fabrication de
cordages dans les moulins "Kader", le choca est
considéré désormais comme une peste végétale par l'ONF, car il a
envahi
de nombreux lieux, mais parfois avec un effet bénéfique, en limitant
l'érosion, comme sur les bords de ravines. C'est une espèce
résistante à la sécheresse, qui se développe rapidement : au bout de quatre ans environ, le choca
fleurit, avec son "mât" caractéristique, qui porte de 1 500
à 2 000 bulbilles, qui vont être disséminées pour reformer autant de
petits pieds .... même sans être arrosés.
>>>
Le mât - Voici
quelques utilisations, d'abord, avec le "mât", la hampe
florale. Tout d'abord, simplement coupé, pour la construction de la
"salle verte". Il est posssible de faire une échelle, toute en mât de choca, avec ses barreaux
taillés, par devant, un petit "baro" en lamelles de mât de
choca tressé.
Les mâts évidés servent de canalisations. Les mâts de choca
servaient aussi à faire des radeaux, pour la pêche, ou pour les
esclaves qui cherchaient à s'enfuir, et ensuite pour le ramassage du
corail ("zingad") qui servait comme liant pour les
construction en pierres. A côté de la "salle verte", qui
existe encore actuellement, (mais on utilise aussi le bambou), le
"cabinet péi", avec ses tentures de goni .... Les
brancards pour la "charrette bœuf", les petits morceaux de choca vont allumer le feu au-dessous du
trépied de la marmite, les lamelles de mât taillé servent de cadre pour le
caïambre, le cadre pour la ruche péi. Avec la mie
de l'intérieur du mât, qui se consume lentement,zot i tir ni d'guêp
dodan pié fig.
<<< Et les feuilles ?
Du fil, bien sûr, pour faire de la corde, des gros cordages, un chabouc, de
l'engrais, car le "jus" extrait des
feuilles contient de la potasse
et même des enzymes "gloutons" qui aident les femmes à avoir
une lessive plus propre ... Le fil tressé de choca vert sert aussi à
faire des savates, avec une préparation méticuleuse (il doit être
râpé, tanné, tressé, cousu) - tradition qui continue encore à l'Entre-Deux- et il en existe également de plus grandes, qui
peuvent servir de porte-lettres. Les feuilles sèches, coupées en
lanières, les "gatur" (ligatures) sont remarquablement
solides et servent à amarrer les mâts entre eux ...
On peut faire également
des "ceintures" de lanières de feuilles sèches de
choca, des chaboucs à lanière de fils de choca, des liens pour
les paquets de bois amarré ansanm in gatur, ... et les feuilles, avec leurs
épines, servaient d'aiguilles pour percer, coudre ...
Cela fait repenser aux rangées de chocas qui étaient devant l'église de
Cilaos,
dont les feuilles étaient couvertes d'inscriptions, parfois injurieuses, mais
souvent plus romantiques, vers les années
70, et qui ont disparu depuis le nouvel aménagement de la place !
>>> Fleurs de choca ...
Et le chou ? Il est utilisable bien entendu et s'il n'est pas aussi fin que le chou de palmiste, mêmepejibaye, il est mis à toutes les sauces, surtout lors de la fête du choca chaque année à l'Entre-Deux, où sont régulièrement proposés des samoussas, des achards au choca, des beignets (sucrés ou
salés), des parts de gâteau "au choca". Il s'accomode également avec la viande - boucané choca, rougail saucisses au choca et même cari crevettes-choca ....
photos
a. m.
Le
site n'a aucune vocation scientifique, mais le signalement des erreurs,
approximations ou omissions serait vivement apprécié ...
Vous disposez d'un droit d'accès, de
modification, de rectification et de suppression des données qui vous
concernent
(art. 34 de la loi "Informatique et Libertés" du 06/01/1978). Pour
exercer ce droit, adressez-vous au webmaster
Ce site n'a pas à être déclaré à la CNIL (dispense n°6 -
délibération n°2005-284 du 22 novembre 2005)
Maquettes, textes et photos, tous droits réservés photos a. m.